Daniel Kaufman

On pourrait dire qu’avec cette crise sanitaire, la crise économique qui s’annonce et leurs lendemains incertains, l’effondrement, ou au moins une alerte vigoureuse, arrive, mais pas par où on l’attendait….

Notre économie est plus ou moins à l’arrêt, nous sommes nombreux en chômage partiel, et il est attendu qu’on soit en suspens jusqu’à la reprise de la normalité. 

Pendant ce temps les saisons déroulent leur fil, le printemps se manifeste dans toute sa splendeur, la nature nous donne une leçon d’humilité et de résilience, faisant appel à tous nos sens comme source d’inspiration.

Ça peut être un temps riche. Un temps pour découvrir, se connecter ou se reconnecter aux choses essentielles, ce qui nous tient à cœur, ce que nous avons dans les tripes. Ça peut aussi être l’occasion d’un véritable déclic. 

Car nous sommes en train de faire l’expérience de ce qui est essentiel. Il suffit d’ouvrir les yeux sur les effets de l’arrêt net des impacts de l’activité humaine sur l’environnement : l’eau claire à Venise, les oiseaux qu’on réentend en ville, le retour d’un air épuré dans la ceinture productive italienne et dans les grandes agglomérations. Les preuves des effets des excès de l’anthropocène apparaissent au grand jour pour une fois, la première ?, de manière positive. 

Néanmoins, la conduite du changement se heurte à l’inertie, au quotidien qui nous enferme dans des habitudes qui s’auto entretiennent ; l’angle mort décrit par O. Scharmer dans la Théorie U.

Aujourd’hui nous avons la possibilité de faire l’expérience de la frugalité. Au démarrage du confinement les charriots de supermarchés étaient débordants de denrées qui au fur et à mesure du confinement vont s’avérer pour beaucoup non essentielles, voire superflues. Par crainte pour le porte-monnaie d’abord, espérons que par prise de conscience après, les courses successives se feront de plus en plus contenues. 

Pouvoir disposer de notre temps ouvre la possibilité de choisir en pleine conscience ce que l’on fait. Le temps c’est aussi un terrain fertile pour la créativité. 

La frugalité (la bonne et juste récolte des fruits de la terre) requiert un effort intellectuel pour être entendu, compris et accepté. En même temps, le cerveau, la capacité d’établir des liens, n’ont pas de limites, les possibilités de création de communs immatériels qui en découlent, non plus. 

La frugalité heureuse et créative appelée par les vœux des auteurs et signataires du Manifeste (https://www.frugalite.org/fr/le-manifeste.html) peut être vécue aujourd’hui par chacun comme expérience personnelle. Profiter pour la mettre en pratique dans tous les échelons de la vie professionnelle et économique est le défi qui s’ouvre pour demain.

Par ce que le confinement arrivera à un moment donné à terme. La fenêtre qui s’est ouverte à nous aura une durée limitée. Les dynamiques en place, qui ont été arrêtées sans préavis, voudront se remettre en mouvement pour retrouver leur fonctionnement d’avant. 

Il faut profiter de ce temps sans hésiter et sans tarder. Mais comment faire pour que le jour d’après ne soit pas un retour au jour d’avant ? On aurait raté une occasion unique…

Quels sont les moyens d’action depuis le confinement ? Ce-dernier est seulement physique alors que les possibilités de se relier sont multiples ; il faut les exploiter au maximum :

§  Communiquer, renforcer et multiplier les liens pour ouvrir des possibles. 

§  Mettre en valeur l’essentiel pour pouvoir faire le tri et se débarrasser du superflu.

§  Imaginer et esquisser d’autres possibles, en commun, en reliant les innombrables élans et initiatives.

La crise du Covid-19, puis la crise économique qui suivra vont mettre en évidence la fragilité de nos territoires, villes, villages ; leur manque de résilience. Le changement climatique, le déclin du vivant, même en étant compris intellectuellement depuis un certain temps, n’ont pas servi de déclencheurs pour un changement pourtant reconnu comme nécessaire.

Les expériences de transition font apparaitre la nécessité d’un changement de paradigme. Ce changement de modèle, les nouveaux récits à construire et à partager, nécessitent une prise en compte de la problématique liée à l’occupation et à l’utilisation de l’espace et de ressources qu’impliquent habiter, travailler, échanger, éduquer, soigner, produire, se déplacer. 

Comprendre les métabolismes urbains et ruraux est nécessaire pour la construction de nouveaux modèles. Il s’agit de cerner et d’identifier les éléments susceptibles de contribuer à la création des lieux de vie résilients, neutres en carbone, frugales, à impact positif, symbiotiques, mais aussi intimement liés, indissociables d’un nouveau mode de prospérité et dont les liens humains seront un élément fondateur et fondamental.

Profitons de ce temps, de cette occasion singulière et unique pour faire des choix décisifs, individuels et collectifs sur l’avenir que nous souhaitons.


Se podría decir que con esta crisis sanitaria, la inminente crisis económica y los inciertos tiempos a venir, el colapso, o al menos una alerta vigorosa, se hace presente, pero no de la manera que esperábamos…

Nuestra economía está más o menos estancada, muchos se encuentran en paro parcial, y se espera que quedemos en suspenso hasta la vuelta a la normalidad. 

Mientras tanto las estaciones continúan su curso, la primavera se manifiesta en todo su esplendor; la naturaleza nos da una lección de humildad y resiliencia, interpelándonos como fuente de inspiración.

Este puede ser un tiempo fructífero. Un tiempo para descubrir, conectarse o reconectarse con las cosas esenciales, lo que nos importa realmente. También puede ser la ocasión de una toma de conciencia. 

Porque estamos vivenciando lo que es esencial. Sólo tenemos que abrir los ojos a los efectos del cese abrupto de los impactos de la actividad humana sobre el medio ambiente: el agua transparente en Venecia, los pájaros que se vuelven a oír en la ciudad, el retorno del aire limpio en la cintura productiva italiana y en las grandes conurbaciones. Los efectos de los excesos del Antropoceno salen a la luz, por primera vez?… de forma positiva. 

Sin embargo, la conducción del cambio se enfrenta a la inercia, a la vida cotidiana que nos encierra en los hábitos que perduran; el punto ciego descrito por O. Scharmer en la Teoría U.

Hoy tenemos la oportunidad de experimentar la sobriedad. Al comienzo del confinamiento, los carritos de los supermercados desbordaban de productos que, a medida que avance el confinamiento, resultarán para muchos no esenciales, incluso superfluos. Por temor a la billetera en principio, esperemos que por conciencia después, las sucesivas compras se volverán más y más contenidas. 

Tener tiempo a nuestra disposición abre la posibilidad de elegir en plena conciencia lo que hacemos. El tiempo es también un terreno fértil para la creatividad. 

La frugalidad (la buena y justa cosecha de los frutos de la tierra) requiere un esfuerzo intelectual para ser comprendida y aceptada. Al mismo tiempo, el cerebro, la capacidad de establecer conexiones y vínculos, no tiene límites; las posibilidades que ofrece de crear “comunes inmateriales” tampoco. 

La “frugalidad feliz y creativa” que reclaman los autores y firmantes del Manifiesto homónimo (https://www.frugalite.org/fr/le-manifeste.html) hoy puede ser vivida como una experiencia personal. Aprovechar para ponerla en práctica en todos los niveles de la vida profesional y económica es el reto que se abre para el día de después.

Porque el confinamiento llegará a su fin en algún momento. La ventana que se ha abierto a nosotros tendrá una duración limitada. Las dinámicas preexistentes, que han sido detenidas sin previo aviso, intentarán ponerse en marcha para volver a ser como antes. 

Debemos aprovechar este tiempo sin vacilar y sin demora. ¿Pero cómo podemos asegurarnos de que el día de después no sea un regreso al día anterior a la crisis? Habremos perdido una oportunidad única…

¿Qué podemos hacer desde el confinamiento? Este último es sólo físico, mientras que las posibilidades de conexión son múltiples; debemos aprovecharlas al máximo:

§  Comunicar, fortalecer y multiplicar los vínculos para abrir nuevas posibilidades.

§  Destacar lo esencial para poder diferenciar y deshacerse de lo superfluo.

§  Imaginar y esbozar otras posibilidades, en común, vinculando los innumerables impulsos e iniciativas.

La crisis del Covid-19 y la crisis económica que seguirá pondrán de manifiesto la fragilidad de nuestros territorios, ciudades y aldeas; su falta de resiliencia. El cambio climático y la pérdida de biodiversidad, aunque hayan sido comprendidos intelectualmente desde hace tiempo, no han servido como desencadenantes de un cambio reconocido como necesario.

Las experiencias de transición muestran la necesidad de un cambio de paradigma. Este cambio de modelo, las nuevas narrativas a construir y compartir, requiere tener en cuenta los problemas relacionados con la ocupación y el uso del espacio y el suelo, así como los recursos necesarios para habitar, trabajar, intercambiar, educar, producir y desplazarse.

La comprensión de los metabolismos urbanos y rurales es necesaria para la construcción de nuevos modelos. Se trata de identificar y precisar los elementos que puedan contribuir a la creación de espacios de vida resilientes, neutros en carbono, frugales, a impacto positivo y simbióticos, pero también íntimamente vinculados, indisociables, de una nueva forma de prosperidad y en los cuales los vínculos humanos serán un elemento fundador y fundamental.

Aprovechemos este momento, esta oportunidad única y singular para tomar decisiones individuales y colectivas decisivas sobre el futuro que queremos.

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