Au bout de quatre semaines de confinement nous sommes en mesure de faire un bilan intermédiaire.
Nous avons découvert dans la douleur l’importance d’un système hospitalier robuste et avec stupeur les ratios comparatifs de lits par habitant entre différents pays.
Les spécialistes de la rationalisation et de l’optimisation seront-ils capables à posteriori de mettre en face les coûts évités par la rationalisation du nombre de lits avec les dépenses réalisées pour le transfert d’urgence de malades par tgv, avion, hélicoptère, la mobilisation de l’armée, etc. ?
Malheureusement la prévention, tout comme le principe de précaution n’ont pas la cote dans ces temps de mondialisation. Il suffit de voir la suite donnée au rapport Stern (en 2006!) qui indiquait que le coût de la lutte contre le changement climatique serait énorme, mais dans tous les cas bien inférieur à l’inaction.
Nous aurons aussi retrouvé l’importance de tous ces métiers tout en bas de l’échelle d’appréciation et de rémunération, qui s’avèrent indispensables au fonctionnement de nos villes et territoires.
Et puis nous avons fait l’expérience de vivre avec moins ; nos frigos, nos listes de courses, nos poubelles, nos pleins d’essence, nos achats de vêtements, etc., etc. en sont témoins. Sans être en état de rationnement, la limitation de nos déplacements et interactions sociales a un effet non négligeable sur notre consommation.
Ainsi réapparaissent petit à petit du fond de nos placards des jeux, des boites de crayons ou de peinture, des outils, des instruments oubliés, accompagnés de mille nouvelles manières créatives de s’occuper. Les trois R “Reduce, Reuse, Recycle” prennent tout leur sens.
Nous faisons l’expérience forcée d’une forme de frugalité.
Est-ce que ce vécu sera suffisant pour nous faire prendre conscience que prospérité et possession matérielle sont décorrélées? Tim Jackson le démontre assez clairement dans son livre « Prosperity without growth », mais de là à en faire le constat…
Serions-nous en train de vivre en chair et en os que la quête de croissance éternelle est non seulement nuisible comme l’explique Éloi Laurent dans « Sortir de la croissance » mais de surcroit absurde et superfétatoire ?
J’espère que cette expérience nous permettra de réfléchir et d’envisager que le changement est réalisable.
Un exercice simple permettrait de vérifier la faisabilité du changement, en calculant l’empreinte environnementale de notre mode de vie d’avant et de la comparer avec celle du confinement…
Si nous sommes prêts à infléchir la courbe de nos émissions résultantes, la proposition d’allocation de quotas d’émission prônée par Dominique Bourg dans « Pour une société permacirculaire » pourrait être appliquée en pleine conscience. Une limitation choisie, assumée, a toutes les chances de rencontrer le succès. Il s’agit aussi d’une question d’équité et transparence : accorder à chacun le libre arbitre de choisir la manière de dépenser son capital carbone.
Si la sphère publique détient une bonne partie des clés du changement de cap, en tant que citoyens nous sommes tous en mesure d’agir sur les quatre secteurs clef des émissions de CO2 (industrie, agriculture, bâti et déplacements) par la façon dont nous chauffons et consommons électricité et eau, par nos habitudes alimentaires, nos achats de produits divers, et par nos déplacements.
Il faudra néanmoins acter et faire valoir ce changement sociétal pour que l’état prenne les mesures nécessaires à son application, afin de créer une nouvelle vague capable d’exercer une pression suffisante sur les politiques.
Daniel Kaufman, jour 28, 13 avril 2020
Los días del después
Después de cuatro semanas de confinamiento estamos en condiciones de hacer una evaluación provisional.
Hemos descubierto con dolor la importancia de un sistema hospitalario robusto y con estupefacción la relación comparativa de camas por habitante entre los diferentes países.
¿Los especialistas en optimización serán capaces de comparar los costes evitados por la racionalización del número de camas con los gastos incurridos por el traslado urgente de pacientes por TGV, avión, helicóptero, y por la movilización del ejército, entre otros?
Lamentablemente, la prevención y el principio de precaución no son muy populares en estos tiempos de globalización. Alcanza con ver lo que se hizo con el informe Stern (¡en 2006!) que indicaba que el costo de combatir el cambio climático sería enorme, pero en cualquier caso mucho menor que el costo de la inacción.
También habremos redescubierto la importancia de todos esos oficios que ocupan la escala inferior de apreciación y remuneración, y que son sin embargo esenciales para el funcionamiento de nuestras ciudades y territorios.
Asimismo, hemos experimentado vivir con menos; nuestros refrigeradores, listas de compras, cestos de basura, tanques de gasolina, compras de ropa, etc., lo testimonian. Sin estar en estado de racionamiento, la limitación de nuestros desplazamientos e interacciones sociales tiene un efecto significativo en nuestro consumo.
Así, poco a poco, juegos, cajas de lápices o pintura, herramientas e instrumentos olvidados reaparecen del fondo de nuestros armarios, acompañados de mil nuevas formas creativas de mantenerse ocupados. Las tres « R » de « Reducir, Reutilizar, Reciclar » adquieren su pleno significado.
Vivenciamos de manera forzada una forma de frugalidad.
¿Será esta experiencia suficiente para tomar conciencia de que la prosperidad y la posesión material no están conectadas? Tim Jackson lo demuestra claramente en su libro « Prosperity without growth », pero de ahí a integrarlo…
¿Estaremos viviendo en carne propia que la búsqueda del crecimiento eterno no sólo es dañina como explica Éloi Laurent en « Sortir de la croissance » sino también absurda y superflua?
Espero que esta experiencia nos permita reflexionar y considerar que el cambio es factible.
Un ejercicio simple permitiría verificar la viabilidad del cambio, calculando la impronta ambiental de nuestro estilo de vida anterior para compararla con la del período del “encierro”.
Si estamos dispuestos a cambiar la trayectoria de nuestras emisiones, la propuesta de asignación de cuotas de emisión propuesta por Dominique Bourg en « Pour une société permacirculaire » podría aplicarse en plena conciencia. Una limitación elegida, asumida, tiene todas las posibilidades de éxito. También se trata de una cuestión de ética y transparencia: utilizar el libre albedrío para decidir cómo gastar su capital carbono.
Aún cuando gran parte de las claves para cambiar de rumbo dependen de la esfera pública, como ciudadanos todos estamos en posición de actuar sobre los cuatro sectores clave de las emisiones de CO2 (industrial, agrícola, edilicio y de movilidad) a través de la forma de calefaccionar, de consumir electricidad y agua, a través de nuestros hábitos alimenticios, compras de diversos productos y desplazamientos.
No obstante, es necesario enunciar y hacer reconocer este cambio social para que el Estado se vea obligado a tomar las medidas necesarias para ponerlo en práctica, crear una ola capaz de ejercer suficiente presión sobre los políticos y los ámbitos de decisión.